Alors que Bran git inconscient dans son lit, veillé par sa mère, Eddard est sur le départ avec ses filles pour rejoindre le cœur du royaume. Jon Snow prend une autre route qui le mène au Mur. Daenerys vit difficilement ses premiers jours en tant que Khaleesi.

Le premier épisode se concluait par la chute tragique de Bran qui avait vu ce qu’il n’aurait pas dû. Les Lannister l’ont fait payer, parce que ceux qui leur posent des problèmes doivent périr. C’est malheureusement ce que vont également découvrir Arya et Sansa.

Les Stark prennent donc la Kingsroad pour se rendre dans le King’s LandingEddard exercera les fonctions de Hand of the King. Le voyage est long et plein de dangers, mais comme on le comprend de plus en plus, il n’y a pas vraiment plus dangereux qu’aller contre un Lannister, même teinté du sang des Baratheon.

King Robert Baratheon : There’s a war coming Ned. I don’t know when. I don’t know who we’ll be fighting, but it’s coming.

Cette guerre, Robert la voit venir et, si pour lui elle vient de l’autre côté de la Narrow Sea, pour certains, elle commence déjà à prendre racine au cœur de Westeros. Dans un sens, Lady Catelyn l’a prédit dès le départ, mais si ses paroles étaient surtout l’expression de sa colère, elle va se mettre à assembler les preuves qui vont lui donner raison.

Peut-être est-ce un peu rapide pour débuter, mais il y a véritablement beaucoup de choses à installer et il semble que la série se doit de gérer une chronologie un peu particulière – l’évocation du temps passé avec Bran est presque déroutante d’ailleurs au vu de la construction de l’épisode. En tout cas, en mettant l’accent sur les évènements clés qui touchent en plein cœur les Stark, ce second épisode s’efforce clairement de renforcer les positions des personnages introduits dans le Season Premiere.

Quand on connait l’histoire, on sait qu’il y a beaucoup plus derrière chacun et il n’est alors pas forcément aisé d’apprécier pleinement cette mise en place un peu trop manichéenne par moment, mais même dans les livres, G.R.R. Martin n’a pas commencé par offrir beaucoup de nuances à ces figures les plus violentes. Dans ce sens, il est agréable de voir que les scénaristes ne se contentent pas de prendre des bouts des romans et de les porter à l’écran. Il y a, par exemple, un effort fait pour donner à Cersei une sensibilité bien moins glaciale qu’auparavant, et de montrer qu’elle n’est pas foncièrement maléfique. Ce n’est pas la seule scène qui est ajoutée, mais c’est clairement celle qui apporte le plus.

Quoi qu’il en soit, Arya et Sansa sortent de leur vie protégée entre les murs de Winterfell pour affronter des dangers qui ne viennent pas d’où elles l’auraient cru. C’est surtout pour Sansa, celle qui veut devenir princesse, que ce Nouveau Monde est choquant, loin de sa vision de conte de fées. Sa relation avec Joffrey commence alors à se mettre en place en suivant une voie où elle est déjà poussée à faire des choix impossibles et à en payer le prix. Le prince, lui, est une mauviette de Lannister et annonce la couleur. Rétrospectivement, la scène d’ouverture dans laquelle Tyrion corrige son neveu finit, quand on y repense, par fournir une certaine dose de plaisir non coupable.

À côté des mésaventures et des désillusions rencontrées sur la Kingsroad, deux storylines se développent.

La première se centre forcément sur Daenerys. Entendre Robert parler de la faire tuer offre à l’héritière des Targaryen une aura particulière. À ce point, elle ne présente aucun danger pour Westeros et son Roi, mais la possibilité qu’elle puisse revenir, accompagnée par Khal Drogo et ses hommes, permet de donner de l’intérêt à ce que la jeune femme va tenter d’accomplir, à savoir : apprivoiser son mari. Daenerys ne sait pas grand-chose sur pas grand-chose, mais elle a le sang du Dragon en elle, et elle ne va pas se laisser mourir sans se battre. Cette histoire est alors clairement annoncée dans cet épisode comme un voyage initiatique pour la princesse qui pourrait se conclure par une guerre.

La seconde storyline suit Jon Snow qui part pour le Mur avec son Oncle Benjen et Tyrion Lannister qui veut satisfaire sa curiosité. À ce niveau, les Lannister font un effort tout particulier pour ridiculiser le Night’s Watch, mais la scène d’ouverture de la série contrebalance cette tentative de moquerie et offre à Jon Snow un avenir dangereux. Certes, le Mur n’est pas encore là et les premières déceptions se font déjà sentir, cela dit, Jon n’a pas le choix, il ne pouvait pas rester à Winterfell où Lady Catelyn ne voulait pas de lui.

The Kingsroad continue le long travail de mise en place en offrant beaucoup de dialogues qui en révèlent énormément sur l’histoire et les personnalités des personnages. Il ne se passe par contre pas beaucoup de choses, car tout le monde – ou presque – est sur la route à ce point, ce qui n’arrête pas les manigances pour autant.

Petits détails supplémentaires pour ceux qui sont nouveaux avec l’univers du Trône de Fer.

Il y a deux religions majeures à Westeros, The Seven et The Old Gods. Pour faire simple, The Seven comportent 7 figures : The Father, The Mother, The Warrior, The Maiden, The Smith, The Crone, The Stranger. Chacune représente des pans particuliers de la vie et ceux qui pratiquent cette religion prient en conséquence. Cersei va ainsi prier The Mother d’aider Bran.

The Old Gods sont principalement vénérés dans le Nord, c’est la religion des Starks qui fait appelle à la Nature. Ceux qui la pratiquent vont dans les God’s Woods pour prier.