Grey's Anatomy - Good Mourning / Goodbye (6.01 & 02)

Le personnel du Seattle Grace doit affronter la mort tragique de George. Chacun doit alors faire son deuil.

Après une fin de saison 5 assez mouvementée, Grey’s Anatomy s’ouvre sur la mort de l’un de ses personnages principaux, et ce season premiere sera consacré à faire le deuil.

George est donc mort en sauvant Amanda, alors qu’il venait de s’engager dans l’armée. Heurté par un bus, il n’a pas survécu. Un médecin, un ami, un fils est décédé, et chacun doit alors faire face à cela.

Au début de la série, George n’était pas un personnage que j’appréciais énormément, mais il a par la suite pris beaucoup de place, et s’était révélé être un de mes préférés. Jusqu’à ce qu’il soit relayé au fond de la pièce, n’ayant plus vraiment le droit à des intrigues concrètes, puis, n’étant tout simplement plus vraiment présent. C’est toujours triste de voir un protagoniste qu’on affectionne traité ainsi, mais il est parfois préférable de les voir quitter le navire, plutôt que de n’être que l’ombre d’eux-mêmes. La mort de George devient, à sa façon, une bonne chose pour la série.

Le season premiere va se concentrer sur la perte de George, et comment chacun fait son deuil, tout en mettant en place d’autres storylines, touchant exactement à la même thématique. Pour se faire, nous aurons le droit à un découpage temporel, où l’on nous indique les jours qui passent : Day 1, 7, 10, 13 … Un procédé scénaristique qui n’est pas propre à la série, mais qui va plutôt bien servir les deux épisodes.

Le principal défaut ici est de parfois vouloir y insérer des éléments comiques qui ont tendance à tomber à plat, comme le fait que Mer et Derek sont pris sur le fait, en plein acte. Cela ne fonctionne pas trop, un peu comme certains dialogues de Cristina, pourtant fidèle à elle-même. Cela ne sonne pas totalement naturel dans le contexte, qui impose un retour à la normale, tout en montrant le deuil qu’effectue ses protagonistes. Le plus remarquable ici est sans doute possible celui de Bailey, Chandra Wilson étant, pour ne pas changer, tout bonnement excellente et percutante. À l’arrivée, chaque personnage le fait à son rythme. Lexie et Callie acceptent rapidement et permettent alors d’orienter l’épisode sur d’autres évènements. L’une s’occupera d’une des principales patientes, extrêmement mal au point, et qui doit alors réapprendre à vivre. Izzie, qui vient à peine de survivre, affronte, avec une progression naturelle, divisée entre la perte de son amie, son état de santé, et la distance qu’Alex a mise entre eux. Meredith s’oublie dans le sexe, et Cristina ne réalise pas complètement, ayant l’esprit occupé par ses problèmes avec Owen. Le déclic ne s’est donc pas totalement produit, et il faudra attendre la fin pour elle et Meredith.

Tout n’est pas parfait, quelques éléments sont poussés, comme le coup d’état pour retirer au Chief son poste, ou le départ de Callie du Seattle Grace. Il est tout à fait compréhensible que la série – comme beaucoup d’autres – intègre la crise économique dans son background, un hôpital ayant toujours de grandes contraintes financières (et qui furent bien peu au cœur du show), mais il est évident que ce n’est pas ce que maitrise le mieux l’équipe créatrice. À ce stade, nous avons eu assez d’intrigues surréalistes et non crédibles pour ne pas se questionner sur le réalisme de la scène finale.

Malgré son sujet, ce season premiere de Grey’s Anatomy ne va pas véritablement plonger dans le drama (la scène d’enterrement manquera d’ailleurs fortement d’intensité), tout en réussissant à conserver un certain sentiment d’oppression propre à ce type de tragédie. On fait son deuil, on accepte, puis on continue…