Owen et Teddy veulent que Cristina participe à une opération, alors que celle-ci ne parvient pas à surmonter ce qui est arrivé dans le bloc opératoire. Bailey refuse qu’Alex opère tant qu’il ne se sera pas fait retirer la balle qu’il a dans le corps. Mark joue les protecteurs auprès de Lexie, empêchant cette dernière de reprendre la routine de son travail.

Le season premiere nous annonçait qu’il y avait un certain nombre de traumatismes à soigner avant que tout le monde puisse aller de l’avant. Shock to the System confirme bien évidemment ce fait, tout en mettant en relief les changements relationnels qu’un évènement majeur entraine, en jouant pas mal la carte de l’humour.

Peut-être qu’il y aura l’impression qu’au milieu de tous ces doutes existentiels, opter pour beaucoup de légèretés et d’instants comiques n’est pas forcément la meilleure solution. Trouver l’équilibre n’est pas facile et il serait mentir que dire que par moment, nous ne sommes pas sur la fine ligne, entre humour forcé et véritables situations légères, qui donne le sourire et fait rire. Malgré ce fait, qu’importent les circonstances et la sensation, les personnages se battent et cette tendance à vouloir retourner à une vie ordinaire où les rires viennent s’y mêler est normale. Dans le registre, cela fonctionne plutôt bien.

Surtout, l’épisode continue de jongler avec tous ces personnages, ce qui n’est pas une mince affaire au vu du nombre qu’ils sont. La grosse victime du phénomène, c’est clairement Teddy, à l’écart de ce gros traumatisme qui les rattache tous, et qui roucoule avec Andrew Perkins ; le psy a absolument besoin de développement et de plus de deux minutes à l’écran pour qu’on puisse apprendre à le connaître et ainsi, trouver de l’intérêt à cette relation.

Justement, l’histoire met en perspective beaucoup de couples : Arizona voulant changer la couleur des murs de l’appartement de Torres ; Meredith face à la mortalité (de Derek, de la perte de son bébé) et finissant par vider son sac suite à la crise de Cristina ; Yang remettant en cause son mariage, croyant avoir sauté le pas pour de mauvaises raisons alors que c’est du tout bon avec Owen ; Mark étouffant Lexie par instinct de protection et qui va en payer le prix.

Tout se mêle avec une grande efficacité, jouant donc énormément sur les liens qui les unissent. On ne s’arrête pas à l’amour avec un grand A, vu que l’amitié, aussi avec un grand A est omniprésente. Même celui avec un petit a est là. Meredith aidant Cristina, la toujours grande complicité de Callie et Mark, la petite discussion entre Arizona et Terry, April apprenant à ne pas s’opposer à Meredith, Jackson content de retrouver Cristina dans le bloc, Bailey poussant Alex a retiré cette foutue balle, Derek proposant un tour en voiture à Richard, etc…

On jongle entre les personnages, entre les différentes dynamiques, et entre les deux gros patients de l’épisode. La première nous fournit une jolie petite histoire d’amour. Elle est légère, et les jeunes patients sont attachants. La seconde patiente nous ramène un peu dans le passé,  à l’époque de Burke, un temps où Cristina excellait et cela a une étrange signification au vu de la situation dans laquelle se trouve le personnage, et qui n’a rien à voir avec ce passé.

Tout le monde doit donc progresser, poussant Grey’s Anatomy à multiplier les interactions et ne laisser quasiment personne à l’écart. C’est avec un certain succès que la série parvient à intégrer tout le monde dans le décor, et fournir des avancées notables à quelques-uns. On sent la transition, celle qu’effectuent les personnages, et leur grande volonté de continuer sans se retourner. Pour certains, c’est obligatoire, mais pas de raison de remuer plus qu’il ne se doit le couteau dans la plaie. Il y a vraiment la notion qu’il faut poursuivre, mais que le drame ne peut être laissée de côté. Ainsi, avec un peu de gêne, quelques vérités, de l’humour et de l’émotion, Grey’s Anatomy cicatrise le personnel de l’hôpital.