Noël approche et quand Roger apprend que leur plus gros client vient leur rendre visite, toute l’agence se lance dans l’organisation d’une somptueuse fête de Noël pour l’accueillir. Mais les festivités ne sont pas joyeuses pour tout le monde, Don devant les passer loin de sa famille.

Après le coup qui donna naissance à la nouvelle agence, il y a un certain nombre de personnages qui ont dû être éclipsés. Pour que la série reste cohérente, cela était nécessaire, mais on se doute bien que l’on en croisera quelques-uns à l’occasion, si cela peut servir l’histoire. Ce que l’on ne pouvait pas prévoir, par contre, c’est le retour de Freddy Rumsen, un personnage que j’appréciais tout particulièrement pour son côté jovial qui détonnait souvent avec l’ambiance Sterling-Cooper. Il avait d’ailleurs dû quitter le navire quand son alcoolisme avait fait de lui une charge trop difficile à gérer.

Cela dit, avec un client d’une valeur de 2 millions $ et 16 mois de sobriété derrière lui, il s’achète une place dans la nouvelle agence. Un retour qui n’est pas anodin, car il impose des contrastes qui en disent long, positivement et négativement.

Tout d’abord, étant sobre, la consommation d’alcool de Roger parait devenir énorme. Pour Don, on n’y jette pas le même regard, car cela est justifié par ses problèmes familiaux, mais il est clair que Roger représente les excès qui devraient commencer à appartenir au passé et Freddy, désormais sobre, montre ce que certains devront faire pour ne pas sombrer.

C’est un pas vers une certaine modernisation qui, ironiquement, ne trouve pas d’écho sur un plan créatif. Sterling Cooper Draper Pryce est engagé sur une voie moderne et espère s’imposer en innovant et en embrassant des valeurs contemporaines, notamment auprès des femmes. Tout est question de connaitre son public et une agence d’études marketing vient montrer que ceci est une chose scientifique. Si Don n’est pas vraiment prêt à y croire, car sa nature le pousse à ne pas révéler qui il est réellement, Freddy, lui, devrait s’y intéresser sérieusement pour pouvoir saisir ce que veut dire Peggy. Celle-ci lui avouera qu’elle pense qu’il est vieille école, et elle ne pourra pas être plus dans le vrai. Cette saison de Mad Men veut clairement embrasser les changements de la société et l’accent mis sur ce point précis pourrait nous emmener dans des directions intéressantes dans la partie professionnelle que la série traite.

À côté de ça, il y a donc Don et sa famille et le retour de Glen le mauvais garçon (fils d’Helen Bishop cf. Saison 1). Entre Sally et Glen se crée une relation basée sur le divorce de leurs parents respectifs. Sally est perdue, Glen peut la guider. Cela a un intérêt quand on sait que, cette saison, Sally doit prendre une place un peu plus importante, mais le résultat parait presque trop déconnecté du reste de l’épisode et aurait peut-être gagné à être placé à un autre moment.

Il faut dire que Don vit également le divorce difficilement, en particulier avec ce réveillon qui se profile. Cela le pousse à trop boire et, par prolongement, à faire des avances à la moindre jolie femme qui vient à son secours. Tout d’abord, il y a Phoebe, l’infirmière qui vit à côté, puis il y a Allison, sa secrétaire. Don reste lui-même et, carences affectives ou non, il sait faire mal, mais n’arrive toujours pas à amortir l’étendu des dégâts qu’il provoque quand il commet une erreur.

Noël est donc difficile pour beaucoup, même pour Roger qui devra subir l’humiliation que lui inflige son plus gros client, car c’est à ce point que l’agence est en difficulté.

Pour finir, Peggy a le droit à son histoire, avec celui qui veut être « le fiancé ». Nous n’avons pas été témoin des premiers pas de leur relation, mais il est clair que Peggy a préféré se montrer plus faible qu’elle ne l’est réellement pour correspondre à ce que le dénommé Mark a besoin. On pourrait presque que dire qu’elle a appliqué son talent professionnel pour vendre un produit qui se révèle être elle-même. Elle a tout le contrôle, mais n’est pas certaine de ce qu’elle veut. Un questionnement qui trouve écho dans le conflit avec Freddy et sa vision âgé de ce que la femme veut. Peggy est moderne et doit découvrir son chemin, mariage ou non au bout.

Les célébrations de fin d’année ont donc été chargées à l’agence. Il faut dire que c’est la période de l’année propice pour explorer la situation de Don. Le divorce l’a beaucoup changé et il semble avoir réellement besoin de se reprendre en main, car s’il traine à le faire, il risque de blesser beaucoup de monde autour de lui. Mais sa situation n’est pas la seule à avoir besoin de s’améliorer, vu qu’à ce rythme, son rêve professionnel pourrait bien s’effondrer rapidement. Les enjeux de la saison apparaissent dès lors bien plus clairs que dans le season premiere et sont annonciateurs de temps difficiles pour tout le monde.