Entre la gestion des dégâts du divorce et une agence qui tente de garder la tête hors de l’eau, Don subit des pressions de tous les côtés. Un article peu enthousiasmant dans Advertising Age vient ajouter une couche de problème.

Journaliste : Who is Don Draper?

Après le final de la saison 3, on pouvait s’attendre à une saison 4 qui débuterait sous un nouveau jour. Il faut dire qu’entre la nouvelle agence et le divorce, Don avait du travail en perspective.

Comme toujours, un season premiere de Mad Men pousse à faire bien plus attention aux détails qu’habituellement, car du temps a passé, on ne nous donne pas d’informations là-dessus (avant la dernière scène), mais l’environnement a évolué et ce qui a changé pose de nouvelles bases narratives qu’il ne faudrait pas rater.

Pour faciliter l’immersion, Public Relations se concentre sur Don Draper, l’homme, le publicitaire, le père de famille. Là où ça blesse, c’est que l’homme est justement modeste et n’aime pas être le centre d’attention – l’ironie vue par Matthew Weiner.

La modestie, Don ne doit pas se permettre d’en avoir, car il est clairement le cœur de l’agence et son âme. Comme Peggy le lui dira, ils sont tous là pour lui. Où cela le mène-t-il de jouer la sécurité ? Nulle part, sauf près du gouffre et l’agence ne peut pas se le permettre. De plus, il est grand temps qu’il sorte de sa zone de confort, car Betty a tué les derniers mystères qu’il avait, la série doit alors le représenter sous un nouveau jour et c’est ainsi que l’épisode se clôturera, ce qui apportera étrangement un plaisir inattendu.

Mais nous montrer ce qu’est désormais la vie de Don n’est pas la seule chose qu’accomplit cet épisode de reprise, même si c’est la principale. Certes, on pourra regretter que certains personnages n’apparaissent que de manière anecdotique – Lane Pryce en particulier –, mais Pete et Peggy, eux, auront la chance d’avoir leur propre storyline qui présente bien où ils en sont professionnellement parlant et ce que l’agence doit faire pour garder des clients. Leur stratégie est risquée et leur façon de la mettre en œuvre illustre le fait qu’ils sont désormais assez confiants en eux pour oser, ce qu’ils n’auraient jamais imaginé faire dans l’ancienne agence. Don est toujours la star, mais la relève commence à s’affirmer, témoignant que les temps changent pour tout le monde, notamment dans l’univers de la publicité.

Il y a des rapports de forces qui évoluent, des niveaux de confiances qui ont varié, mais pour certains, le passé est encore pesant. Pour Betty, tout particulièrement, qui entretient ardemment une animosité exacerbée envers Don. Elle n’a définitivement pas changé. La mère d’Henry n’est par ailleurs pas sûre que son fils mesure ce dans quoi il s’engage, et l’observation n’est pas dénuée de fondements. En tout cas, Sally et Bobby sont pris au milieu et cela devrait être un facteur important pour cette nouvelle saison.

Tout n’est pas merveilleux dans la vie de Don, loin de là d’ailleurs, mais cette reprise montre bien qu’il va désormais tenter de changer et cela risque de se révéler assez intéressant. Il a quelques bases pour bien se lancer, reste à voir s’il y parvient sans retomber dans ses travers.

Quoi qu’il en soit, la reprise fait ce qu’on pouvait attendre d’elle, possédant en plus quelques surprises. Un travail d’exposition typique de la série qui nous permet de bien replonger au cœur de la vie de Don Draper et de ses collègues.