Mad Men – Seven Twenty Three (3.07)

Conrad Hilton rend visite à Don, lui proposant quelques contrats. Sterling, Cooper et les pontes britanniques sautent sur l’occasion pour offrir un contrat à Don sous prétexte que les avocats de Connie l’exigent. Betty se lance dans la politique locale. Peggy est toujours tentée par l’offre de Duck, même si elle refuse de l’admettre.

Le 23 juillet 1963. Le jour où Don Draper perdit sa liberté.

Cela faisait un petit moment que la personnalité de Don, son passé et ses valeurs s’étaient retrouvés au cœur d’un épisode. Pour que cela arrive, il a fallu revenir sur un petit point de rien du tout, puis construire le bon climat autour pour réussir à pousser le personnage dans une position délicate, entre ce qu’il est et ce qu’il va devoir accepter de devenir contre sa volonté.

Tout commence par les images de réveils étranges. Don est allongé sur le sol, dans la chambre d’un motel. Peggy est au lit avec un homme. Betty est toujours habillée, dans son canapé. C’est le matin d’une mauvaise journée, celui du fameux 23 juillet, mais ça, on le découvrira plus tard, car on va passer à une autre matinée, celle du jour où tout débuta.

Surprise à Sterling Cooper, Conrad Hilton est dans le bureau de Don – ce dernier est d’ailleurs en retard. Un évènement pour l’agence, ce qui lancera les rumeurs les plus folles, même si sans Joan pour les canaliser, cela parait un peu moins présent. Mais tout ceci n’est rien, étant donné que Don commence à saisir comment fonctionne le bonhomme et le gère, ce qu’il n’a pas vu venir, c’est que l’agence veut utiliser l’occasion pour justifier la signature d’un contrat.

Ce détail est ce qui couta à Duck son travail, et ce qui donnait à Don sa force. Il n’est pas lié, personne ne peut le contrôler et c’est cela qui lui plait. Mais ce confort personnel qui est d’ailleurs plus que ça pour lui, Sterling et Cooper n’en veulent plus. Du coup, la tension monte et ce qui était sous-jacent avec Roger ressort pour mieux éclater. Quand Betty entre dans l’équation, rien ne va plus. C’est comme si tout était fait pour pousser Don à se séparer de ce qui restait encore de lui, de son passé trouble et du mystère qui le compose. Il ne devient qu’un employé de plus, contraint d’obéir aux ordres. Un sacrifice qu’il fera avant tout pour sa famille, et après une étrange rêverie introspective.

C’est là que l’on retrouve le côté un peu vicieux de la série, car en plein milieu de la crise personnelle de son mari, Betty semble de nouveau flirter avec les embrouilles – enfin, avec un autre homme. C’est le retour d’Henry Francis qui donne l’impression que la fête de Roger et Jane fut le moment le plus important de cette saison. Francis s’était déjà montré entreprenant envers Betty enceinte, et la situation – crédible, mais un peu trop soudaine pour ressembler à autre chose qu’à une excuse – va lui donner l’occasion de renouer le contact, et ce, de manière formelle. C’est d’ailleurs Betty qui l’appelle et si on devait faire abstraction des conventions, ses intentions auraient difficilement été plus claires, bien que la raison la garde sur la bonne route.

Étrangement, si Betty est mise face à ce qui pourrait être assimilé à une tentation, Don, lui, n’y pense même pas quand il rencontre une nouvelle fois Miss Farrell. Depuis le début de la saison, il n’a pas montré d’intérêt pour elle, mais elle semble malgré tout croire le contraire. La discussion entre l’institutrice et le parent d’élève prend alors une drôle d’intonation, le genre de chose que l’on sait importante dans une série comme Mad Men, car il est difficile d’imaginer que Miss Farrell soit un électron libre dans le monde de précision qu’est l’univers créé par Matthew Weiner.

Bref, pour rester dans la même thématique, c’est étrangement Peggy qui va se retrouver dans une position inattendue, et ce, avec Duck. Malgré le traitement froid et peu avenant que lui réserve Don dernièrement, Peggy suit la direction de Pete et refuse tout ce qui vient de Duck, même si pour le coup, cela devient de plus en plus dur. Elle accepte donc de le rencontrer une dernière fois afin de mettre un terme à tout ce manège. Par surprise, il va emmener leur relation à un niveau imprévu, car c’est lui, l’homme à côté duquel elle se réveille.

Un matin difficile pour Don et Peggy, et étrangement propice à la rêverie pour Betty. On retrouve avec Seven Twenty Three la complexité de Mad Men qui avait laissé, dernièrement, pas mal de place à une approche plus légère – pour ne pas dire superficiel. Cela se fait avec un assemblage d’éléments anodins qui montre une fois de plus toute la maitrise et le brio qu’il y a derrière la série. La seconde moitié de la saison parait donc s’engager sur une voie plus familière et moins confortable, mais probablement plus passionnante.