Marco Polo Saison 1 : Il était une fois en Chine

5 Jan 2015 à 13:55

Marco Polo - Saison 1

Abandonné par son père chez l’empereur Mongol Kublai Khan, Marco Polo doit trouver sa place au cœur de cet univers qui lui est étranger et où les alliés sont peu nombreux. Intrigué par le Khan, il va progressivement adhérer à sa cause.

Lancée en décembre 2014 sur Netflix, Marco Polo est une création de John Fusco qui nous propose d’accompagner le célèbre explorateur qui donne son nom à la série – et qui est interprété par Lorenzo Richelmy – alors qu’il pénètre la cour de l’empereur Kublai Khan (Kubilai en français – Benedict Wong), petit fils de Genghis Khan. Ce dernier rêve de finir ce que son ancêtre a commencé, mais il doit faire face à de dangereux ennemis.

L’un d’eux n’est pas Marco Polo donc, puisque celui-ci n’est qu’un captif découvrant un monde nouveau. En fait, le jeune homme ne sait pas vraiment ce qu’il désire au premier abord, car son rêve était simplement de suivre les pas de son père et celui-ci l’a trahi. On va alors accompagner l’italien qui passe de passif observateur à joueur majeur auprès de Kublai Khan, trouvant dans celui qu’il voyait comme son geôlier une véritable figure paternelle qu’il veut à tout prix satisfaire.

Néanmoins, c’est justement l’histoire du Khan qui est véritablement le point central du show, et non celle de Marco, même si les deux deviennent temporairement indissociables à la fin de cette première saison. L’univers de l’empereur mogol est pluriculturel et dangereux, ce qui rend ce leader aussi intrigant.

John Fusco parait dans ce sens chercher à nous offrir une série historique et il y parvient à un certain degré. Le souci est qu’il ne pouvait visiblement pas se contenter de nous raconter la vie de Kublai Khan, il voulait également nous servir de l’aventure à la frontière entre le récit de guerre épique, le drame familial, la fantasy, les films d’arts martiaux et en y injectant un peu de soap – sans jamais réellement embrasser totalement l’un de ces genres.

Cette première saison de Marco Polo souffre alors rapidement d’un problème d’identité qui n’est pas aidé par un premier rôle interprété par un acteur manquant de présence et qui se fait éclipser par tout le monde – même des personnages plus que secondaires en imposent plus que lui. En dépit de cela, on ne peut pas non plus blâmer Lorenzo Richelmy pour tout le matériel qu’on lui fournit, car l’histoire de Marco est pleine de raccourcis scénaristiques et tous les développements nécessaires pour lui donner de l’épaisseur sont étrangement occultés. On le voit ainsi évoluer dans des directions très maigrement justifiées et on lui offre des storylines parfois encombrantes dont la nécessité peut être remise en question. Par exemple, sa romance avec Kokachin (The Blue Princess – Zhu Zhu) ne tient pas la route et se développe de façon poussive.

Ce n’est pas la seule à suivre cette voie, étant donné que la seconde moitié de la saison est truffée d’éléments qui ne mènent nulle part, puisqu’ils préparent le terrain pour la potentielle suite. Heureusement, quelques personnages parviennent vraiment à s’imposer et à faire progresser le récit. En plus de Kublai Khan, l’Impératrice Chabi (Joan Chen) deviendra une des figues les plus captivantes du show en étant l’une des rares à prendre réellement corps. Une évolution qui témoigne du problème narratif que représente Marco Polo. Il est censé être le moteur de la série et, que ce soit Chabi, le ministre Ahmad (Mahesh Jadu) ou même Byamba (Uli Latukefu), le fils bâtard du Khan, ils vont tous prendre de l’intérêt en suivant des routes parallèles. Le souci est qu’il n’y a finalement pas assez de place pour celles-ci.

Au bout du compte, cette première saison de Marco Polo n’est pas en manque en termes d’histoires à raconter. Le problème est la manière dont elles sont abordées et ce qui a été privilégié. Le jeune Marco aurait dû être mis au même niveau que le reste de l’entourage de Kublai Khan pour laisser celui-ci nous montrer tout son potentiel. Au lieu de cela, les intrigues se mélangent de façon hasardeuse et parfois cela devient totalement ridicule. L’identité du show est aussi mal définie que son rythme est inconsistant.

Malgré tout, la saison 1 Marco Polo est globalement divertissante et compense une partie de ses problèmes en réussissant à offrir un réel dépaysement et en évitant autant de clichés qu’elle en exploite, oscillant alors entre l’agaçant et le réjouissant. De nombreux angles pertinents ne seront finalement jamais explorés convenablement, mais il y a suffisamment de bonnes choses autour de Kublai Khan pour avoir envie d’accompagner l’empereur jusqu’au bout de ses conquêtes. Dommage qu’il ne perde pas Marco Polo en court de route par contre.

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