Nip/Tuck - Hiro Yoshimura (6.19)

Matt veut suivre Ava au Chili et abandonner sa fille. Christian décide alors de monnayer l’opération du bébé d’Ava contre une rupture avec son fils. Sean, de son côté, pense qu’il va avoir un rôle à jouer auprès du bébé de Liz.

Le voilà donc ce final tant attendu, celui qui aurait dû intervenir 3 saisons plus tôt. Et j’ai eu beau ardemment le souhaiter, il n’empêche que c’est toujours un peu triste de voir se terminer une série qu’on a suivi pendant 6 saisons.

Pour l’occasion Ryan Murphy a repris la plume pour mettre lui-même un terme aux aventures des deux chirurgiens qu’il a créés. Sa présence plus l’annonce faite il y a déjà très longtemps que cette saison serait la dernière permettaient d’espérer un épisode final à la hauteur. Et pourtant non. L’épisode en lui-même n’est pas désagréable et offre même une résolution à chacun de ses personnages, mais il n’y a ni audace, ni souffle épique, ni émotion.

Le dernier patient de la semaine est un vieil acteur porno asiatique qui veut faire disparaître la cicatrice de sa crise cardiaque. En un seul patient, on réunit les thèmes chers à la série de la mort, du cœur brisé, du culte de la perfection et de la poursuite du bonheur. Le vieux monsieur finit par mourir dans un orgasme monstrueux, le sourire aux lèvres. La série, elle, n’aura pas cette chance.

Nip/Tuck offre néanmoins à ses personnages d’honorables sorties, Liz devient associée au cabinet et s’apprête à devenir mère, Julia est libérée de l’emprise de ses hommes et va gentiment partir en Angleterre épouser son nouveau mari, même les enfants ont droit à une dernière apparition, tout sourire. Si Julia a depuis longtemps perdu de son intérêt, Liz s’était révélée la saison dernière et s’il y a bien un regret la concernant, c’est qu’elle n’ait pas été plus exploitée. Ce final ne fait pas vraiment exception, même si, l’une comme l’autre, prouvent qu’elles sont la voix de la sagesse. Ce sont elles qui aiguillent nos deux héros vers leur nouvelle destinée, leur sort au final est purement anecdotique.

Le thème principal de la saison a été le délitement du couple face aux aspirations personnelles, et la crise de la quarantaine de Sean a été une sacrée épreuve, pour lui comme pour nous. Le voir résigné à vivre une vie qui ne lui convient pas, prétendre au bonheur familial dans une scène charmante, mais en décalage total avec les valeurs de la série, est un peu une déception après avoir piqué crise sur crise durant des semaines. Tout ça pour ça ? Heureusement que non, conseillé par ses blondes (Julia et le fantôme de Kimber), Christian comprend qu’il doit laisser partir son homme. C’est la résolution la plus satisfaisante les concernant. La saison nous a prouvé que Sean n’arriverait jamais à quitter Christian, c’est donc tout un symbole que ce soit ce dernier qui lui rende sa liberté. Sans colère, sans amertume, avec uniquement beaucoup de tendresse et d’espoir.

Cela aurait dû être le moment clé de l’épisode, mais la scène en question ne prend pas, l’émotion semble forcée, l’alchimie entre les acteurs n’existe plus et c’est ce qu’il y a de plus triste. Le couple star se sépare et ça ne nous fait rien.

Reste Matt, le boulet par excellence. Dans un éclair de lucidité, le personnage comprend qu’il est un type pitoyable et l’accepte, s’offrant, lui et sa fille, à sa divine maîtresse, l’excellente Ava Moore. C’est ce qui pouvait arriver de mieux. Famke Janssen a le droit au tapis rouge, plus que cette pauvre Joely Richardson, réduite au rang d’accessoire, et la scène où elle abandonne son bébé est magnifiquement jouée.

Sean se voit offrir une nouvelle vie, celle qu’il aurait toujours dû avoir et Christian s’en retourne à son univers superficiel. La dernière scène, sorte de retour aux sources, clôt de façon amusante la série et pourtant on reste insatisfait. Non par le contenu, mais par la forme, loin de l’exubérance caractéristique de la série, loin de toute émotion. Après des années d’agonie, Nip/Tuck s’achève. Dans le soulagement et sans regret.

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