Nip/Tuck - Virginia Hayes (6.15)

La fille d’Escobar Gallardo débarque au cabinet et demande des comptes aux deux chirurgiens. Sean, rongé par la culpabilité, hésite à tout lui dire. Christian s’occupe d’une patiente qui lui rappelle Kimber jusqu’à ce qu’il découvre qu’elle a usurpé l’identité d’une autre.

Dernière saison oblige, on ramène les vestiges du passé et pour le coup c’est du très lointain passé puisqu’il s’agit du pilote. Le « précédemment » manque de clarté pour qu’on resitue l’action et on passe les cinq premières minutes de l’épisode à se demander de quoi parlent ces gens. Heureusement, Sean et Christian ont une petite conversation qui permet d’y voir plus clair. Le truand tatoué, le mafieux latino qui aime les petites filles, le corps que les médecins filent à bouffer aux alligators, tout revient en mémoire. Le crime originel. Celui-là même qui a servi de point de départ à la série. 10 ans plus tard, ce crime impuni revient donc hanter nos deux médecins et ce serait presque une idée fabuleuse si elle n’était pas aussi mal traitée.

Sean, pour qui la culpabilité est désormais une activité à plein temps, laisse sa conscience le tourmenter sous la forme d’Escobar Gallardo. L’occasion de retrouver Robert Lasardo et ses tatouages et, comme d’habitude, cette figure atypique du petit écran s’impose sans effort. Dans un dialogue schizophrénique où Sean extirpe des morceaux de lui-même du ventre d’un alligator imaginaire sensé représenter Christian, le brave Dr. McNamara réalise, une fois de plus, que son partenaire est à l’origine de tous ses problèmes et qu’il est en train de lui voler sa vie. 5 épisodes qu’on nous rabâche la même crise de conscience et la colère initiale de Sean a laissé place à une résignation apathique agaçante. On a envie de secouer le personnage pour qu’il arrête de se regarder le nombril et décide enfin de plaquer cette vie qui ne lui convient plus.

Mais non, Sean est un gentil et par conséquent Sean va dire la vérité à la fille Gallardo parce qu’il faut absolument soulager sa conscience d’une façon ou d’une autre. Une confession qui vaut pour celle qu’il n’arrive pas à faire à Christian concernant son aventure avec Kimber. Sean n’a jamais autant dit de Christian qu’il était son meilleur ami que depuis qu’il le méprise !

Christian, de son côté, est coincé dans une histoire sans grand intérêt sur une patiente touchante qui s’avère être un imposteur. La véritable Virginia débarque, plaide sa cause, Christian retrouve la voleuse d’identité, joue avec ses sentiments et récupère ses prothèses mammaires. Il est clair que cette fille lui rappelle Kimber, non seulement physiquement, mais aussi dans son côté pathétique et malheureuse. Mais cette fois, le chirurgien décide de ne pas ouvrir son cœur et le résultat est le même, sa patiente meurt. Christian est un type toxique, ce n’est pas vraiment une surprise.

C’est là que l’épisode décide de rejouer sa propre histoire. Avec une mort sur les bras et les fédéraux aux portes, les deux médecins pourraient perdre leur licence et, tout comme il y a 10 ans, il n’ont d’autre choix que de se débarrasser eux-mêmes du corps. C’est intéressant, mais mal amené, mal filmé et mal écrit. Les personnages refont donc exactement les mêmes erreurs, ce qui est certainement le message le plus authentique et pertinent de l’épisode, mais on se demande encore combien de temps les scénaristes vont accabler Sean avant qu’il explose totalement. Parce qu’il est clair que tout viendra de lui, il est le seul à posséder une conscience, comme nous l’indique la scène finale.

Nip/Tuck continue donc lentement et maladroitement la destruction programmée de ses personnages, si toutefois elle pouvait y mettre plus de conviction et de savoir-faire, ça éviterait au spectateur de bâiller aux corneilles.

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