Once Upon a Time in Wonderland

Après s’être attaqué à Camelot et l’Underworld au sein de sa saison 5, Once Upon a Time va s’intéresser à l’histoire d’Aladdin au cœur de sa sixième saison. Ce n’est cependant pas la première fois que l’équipe créative se penche sur ce conte issu des Milles et Une Nuit qui a inspiré le dessin animé Disney.

En plus de référence dans la série-mère, l’univers d’Aladdin avait, contre toute attente, rencontré celui de Lewis Carroll dans Once Upon a Time in Wonderland, le spin-off qui fut programmée sur ABC entre octobre 2013 et avril 2014. Notons que cette dernière ne comprenant qu’une saison formant un tout complet n’a pas encore été diffusée à la télévision française (elle fut disponible un temps en vidéo à la demande).

Série dérivée relatant une histoire indépendante, et étant ainsi accessible à n’importe qui, Once Upon a Time in Wonderland se centre sur Alice (Sophie Lowe) qui est enfermée dans un hôpital psychiatrique après avoir raconté d’étranges récits. La jeune femme avait abandonné tout espoir jusqu’à ce que le Valet de Cœur (Michael Socha) – en compagnie du lapin blanc – vienne la chercher.

Commence alors pour Alice une quête personnelle pour sauver Cyrus (Peter Gadiot), l’homme qu’elle aime et qu’elle croyait mort. Ce dernier est un génie prisonnier du méchant Jafar (Naveen Andrews) qui est lui-même associé avec The Red Queen (Emma Rigby) avec pour but de modifier les lois de la magie. Dans le domaine, il n’y a pas que Rumple qui est ambitieux !

Faire rencontrer l’univers imaginé par Lewis Carroll avec celui d’Aladdin (Jafar et Agrabah étant des créations de Disney) avait de quoi laisser dubitatif sur papier. Force est de constater que cette rencontre sera étonnamment réussie. L’étrangeté étant un composant à part entière de Wonderland, cela ne demande pas grand-chose d’accepter la présence de génies et d’un méchant avec son sceptre-cobra.

Comme la série dont elle est dérivée, Once Upon a Time in Wonderland développe donc ses intrigues autour des thématiques de l’amour et de la famille. Au fil des épisodes, les scénaristes dévoilent ce qui relie les personnages les uns aux autres, leur offrant une dimension humaine supplémentaire qui pouvait faire défaut dans les débuts. Toutes ces explications aident aussi à renforcer la cohérence de l’histoire en répondant jusqu’à la fin à un certain nombre d’interrogations que l’on pouvait se poser.

Alice et Cyrus sont donc au commencement le moteur du show grâce à leur amour, mais cela se révèle tout de même très restrictif. La première est pourtant très vite dépeinte comme entreprenante, débrouillarde et avec une forte personnalité. Elle rate peu d’occasions pour démontrer que c’est bien le cas et qu’elle fera tout ce qui est possible pour retrouver son génie. Si le couple est des plus crédibles et véhicule une dose de romantisme, ils sont étonnamment plus fort séparés que réunis.

Alors que Cyrus connait par ailleurs un certain nombre de développements dans la dernière partie de la série, Alice perdra petit à petit de son attrait. Si l’histoire d’Alice et de Cyrus n’est pas la plus accrocheuse, c’est avant tout car les scénaristes se révèleront bien plus habiles dans la construction des autres personnages.

Once Upon a Time in Wonderland avec Alice et Will
Alice en compagnie de Will à Wonderland

Le couple phare se fait alors vite voler la vedette par The Knave (Le Valet de Cœur aka Will) et The Red Queen aka Anastasia. Ces derniers ont le droit à leur propre romance, mais celle-ci possède un angle plus tragique qui la rend plus poignante.

Will devient rapidement l’une des plus grandes forces du show, que ce soit à travers son amitié avec Alice ou ses sentiments envers la Reine. Il multiplie les possibilités de détendre l’atmosphère ou injecter une dose de noirceur, en fonction des circonstances. The Red Queen gagne quant à elle tout du long en complexité et dévoile les multiples facettes de sa personnalité.

Sans oublier bien évidemment Jafar qui est déterminé à changer les lois de la magie. S’imposant comme un adversaire charismatique, sa plus grande limite est sûrement celle de son imagination (ou celle des scénaristes, au choix). À l’image d’autres figures du show, l’exploration de son passé nous éclaire habilement sur la façon dont il est devenu qui il est pour nous offrir une représentation complexe d’un méchant prêt à tout pour obtenir ce qu’il veut. Enfin, l’ajout de la Jabberwocky dans les derniers épisodes était assez bien pensé, même si on peut regretter une utilisation trop basique du personnage.

Ce qui nous ramène aux thèmes de l’œuvre – et du conte de fées en général. Les problèmes familiaux sont donc omniprésents, les personnages ayant pour beaucoup des rapports compliqués avec la figure parentale. Heureusement, le show délivre une certaine diversité de ce côté-là et réussit à ne pas diaboliser qui que ce soit. L’amour est le moteur qui les pousse autant à faire l’impossible qu’à commettre des actes de violences. Cela entraine les personnages à la recherche de la liberté ou du pouvoir – les deux pouvant se confondre pour atteindre l’un ou l’autre.

Les scénaristes de Once Upon a Time in Wonderland profitent donc au maximum des 13 épisodes qui leur ont été offerts pour raconter une histoire complète. La série connait quelques baisses de régimes, mais le récit se doit d’avancer rapidement et évite de faire du surplace. Au contraire, nous avons des personnages prompts à passer à l’action et l’on berce bien moins dans une forme d’idéalisme que l’on peut croiser dans la série-mère. Le rythme est majoritairement soutenu et si l’intrigue prend temporairement une direction moins intéressante, cela évolue vite.

À noter aussi les sympathiques connexions faites avec Once Upon a Time, surtout vers la fin. Si le passage à Storybrooke possède un côté plus comique, la participation de la Reine de Cœur (Barbara Henshey) dépasse largement la fonction de référence pour véritablement servir le récit.

Sans être parfaitement maitrisé d’un bout à l’autre, Once Upon a Time in Wonderland est animée par un véritable sens de l’aventure. La série se montre plus que divertissante grâce à ses personnages que l’on voit se construire et se complexifier, quelques retournements imprévus plutôt inspirés et un bon rythme. Suivre Alice au pays des merveilles s’est donc révélé être une bonne idée.

***

Alors que l’aventure d’Alice a obtenu une conclusion, les scénaristes de Once Upon a Time n’ont par la suite pas abandonné complètement cet univers. Nous avons pu revoir Will principalement dans la saison 4 (ce qui a soulevé beaucoup de questions qui n’ont pas obtenu de réponses) alors que l’on va donc maintenant retrouver Jafar en saison 6, cette fois-ci interprété par Oded Fehr (Naveen Andrews ne pouvait reprendre le rôle en raison de son engagement sur Sense8).

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CaroleC
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