The Bastard Executioner : Les têtes commencent à tomber (Pilote)

The Bastard Executioner - Pilote de la série

Après avoir passé sept saisons dans le monde violent des bikers de Sons of Anarchy, il parait naturel de voir son créateur Kurt Sutter se tourner vers le quatorzième siècle sanglant au Pays de Galles au côté d’un bourreau avec The Bastard Executioner. D’accord, on n’aurait peut-être pas imaginé cette période précisément s’il avait fallu deviner, mais une fois connue, cela s’accorde plutôt bien avec le penchant violent de Sutter, autant que celui qu’il a pour les longues discussions et situations qui dégénèrent. Tout ceci prenant naturellement vie sur FX.

Commençant avec un double épisode, The Bastard Executioner nous introduit donc à Wilkin Brattle (Lee Jones), un ancien chevalier du roi Edward I qui est sur le point de devenir père. Hanté par la guerre, il cherche maintenant à mener une existence de fermier tranquille. Bien entendu, cela ne va pas pouvoir durer et la mort qu’il fuit va le rattraper pour faire de lui un bourreau.

Dans les dernières saisons de Sons of Anarchy, Kurt Sutter a pris la mauvaise habitude de tirer en longueur une situation avant d’arriver à son point, ce qui se retrouver au sein de ce début de série de The Bastard Executioner. L’introduction se fait donc sans précipitation, manquant étrangement de rythme alors même que le show se montre capable de délivrer des scènes d’actions un minimum efficace.

Il n’en est malheureusement pas de même lorsqu’il est question de nous présenter la large palette de personnages et de jongler entre les différentes tonalités. Pour l’instant, en fait, The Bastard Executioner tâtonne à trouver le juste équilibre entre son approche particulièrement intense et émotionnelle pour ses enjeux et le besoin d’y injecter des moments plus humoristiques. Cela ne fonctionne pas vraiment, l’ensemble souffrant par ailleurs d’un montage faible, passant d’un personnage à un autre avec un manque de grâce notable. Les transitions ne sont pas très fluides, et le passage de l’image au noir et blanc avant la pause commerciale ne s’accorde pas trop avec le style.

Kurt Sutter nous entraine en tout cas sur une route terriblement prévisible au sein de ces deux épisodes ayant pour but de remettre entre les mains de Wilkin une épée. Apparemment destiné à de grandes choses, Wilkin est aussi intense qu’il est rigide au point d’en devenir très vite monotone.

Le Baron Ventri (incarné par Brían F. O’Byrne), est alors posé comme l’antagoniste de ce début de série de manière particulièrement grossière. Heureusement, le chambellan Milus Corbett, incarné par un Stephen Moyer plutôt en forme, se trouve à ses côtés pour donner une énergie bienvenue au conflit qui se joue, grâce à la nature excessive et corrompue du personnage. Quitte à ne pas vouloir injecter d’ambigüité morale, autant que le méchant soit un ambitieux sans vergogne comme il se doit !

Le contexte de The Bastard Executioner n’en est pas moins doté d’attraits notables, tout particulièrement dans ses thématiques sociales et morales. La situation au Pays de Galles est en tout cas tendue et difficile, entre rébellion galloise et barons qui tente de maintenir leur autorité par la violence. Rien ne vaut alors l’exploration d’une période historique qui n’est pas forcément connue pour mieux creuser les dérives et les valeurs d’une société – où l’on veut se battre pour son indépendance. Si le créateur a tendance à exploiter les stéréotypes pour démarrer (que ce soit dans l’opposition riche/pauvre ou le portrait de la misère et de la violence), il parvient à intervalles réguliers à se montrer plus spontané et rafraichissant à l’image de l’introduction des rebelles gallois – qui permet de retrouver Matthew Rhys, maintenant habitué aux perruques avec The Americans.

Avec ces deux épisodes, The Bastard Executioner s’ouvre en prenant un peu trop son temps. L’ensemble souffre alors d’une première partie qui manque singulièrement de rythme et qui nous présente ses multiples personnages de manière aussi didactique qu’ennuyeuse. On retrouve en tout cas bien autant les qualités et les défauts de style de son créateur (ainsi que la présence de sa femme Katey Sagal avec un accent à couper au couteau). La seconde partie permet d’orienter l’histoire dans la bonne direction et d’avoir donc installé tous ces personnages dans leurs rôles respectifs pour que la suite puisse potentiellement prendre son envol…

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