Perry Mason Saison 1 : Avant l’avocat, un détective en quête de vérité

29 Juin 2020 à 12:00

Perry Mason Saison 1 - Perry Mason Saison 1 : Avant l'avocat, un détective en quête de vérité

Perry Mason connait un coup de jeune sur HBO. Oubliez Raymond Burr qui, durant les années 50 et 60, faisait avouer le coupable à la barre le samedi soir sur CBS (et en France sur Télé Monte Carlo). Entre en scène Matthew Rhys avec son fédora qui ne possède même pas un diplôme en droit, dans le Los Angeles des années 30.

Ce nouveau Perry Mason — d’après les scénaristes Rolin Jones et Ron Fitzgerald — est le propriétaire fauché d’une ferme, un homme brisé par la Première Guerre mondiale travaillant en tant que détective privé. Avec son bras droit Pete Strickland (Shea Whigham, définitivement fait pour jouer dans des séries prenant place dans les années 30), il est embauché par l’avocat E.B. Jonathan (John Lightow) pour rassembler des preuves sur une difficile affaire : l’enlèvement et la mort du nourrisson Charlie Dodson. Ses parents, des gens modestes, ont été pris pour cible pour une rançon de 100 000 $. Pourquoi eux ? Qui a causé la mort de Charlie ? Perry Mason, E.B Jonathon et la secrétaire juridique Della Street (Juliet Rylance) vont devoir résoudre cette énigme pour réussir à prouver l’innocence de leur client.

C’est ainsi que s’amorce le récit de cette première saison de Perry Mason qui a pour vocation de nous relater les origines du mythique avocat, héros sur papier de Earl Stanley Gardner. Avec un penchant pour l’alcool, un don particulier pour s’immiscer dans une pièce où l’on ne veut pas de lui, et pour poser les bonnes et les mauvaises questions, Perry Mason se lance dans une quête de vérité qui — classiquement — est ce qui est destiné à le conduire sur la voie de la rédemption.

Se composant de 8 épisodes, les amateurs de Perry Mason n’auront pas la chance de retrouver le thème musical, mais pourront au moins se réjouir d’y retrouver des noms familiers. Aux côtés de Perry Mason, Della Street est une proto-féministe prête à se battre contre tous pour que l’on arrête d’étouffer la voix d’Emily, la mère de Charlie que les hommes qui l’entourent ne cessent de rabaisser et de juger. Paul Drake (Chris Chalk) est un flic noir qui a le malheur d’être à la fois une minorité et un policier compétent dans un monde raciste et corrompu. N’oublions pas Hamilton Burger (Justin Kirk) qui va apporter son aide à Mason pour contrecarrer l’ambitieux procureur Maynard Barnes (Stephen Root).

Perry Mason est alors une série contemporaine dans sa représentation sociale et ses thématiques. La question féminine domine l’investigation, que ce soit avec le traitement d’Emily (Gayle Rankin) et le combat que mène Della Street pour qu’elle se fasse entendre et respecter. Deux portraits féminins différents, mais qui viennent éclairer sur la place de la femme. La thématique s’étend à Lupe (Veronica Falcon), pilote et propriétaire d’un bar clandestin qui entretient une relation avec Perry. Le sujet est encore plus creusé avec Sister Alice (Tatiana Maslany), à la tête d’une congrégation, et sa mère Birdy (Lili Taylor), deux femmes qui se sont construit une vie dans un environnement entouré d’hommes qui ne réclament qu’une chose : qu’on fasse ce qu’ils veulent. La religion occupe alors une place de choix dans ce récit, prenant en proportion au fil des épisodes pour mieux mettre en valeur le système de valeur défaillant qui fait vibrer Los Angeles.

La ville des Anges est habitée par de nombreux démons, et celle que l’on associe à la magie hollywoodienne vend du rêve à l’aide des secrets et des mensonges. Il y a ce qui est projeté au monde et tout ce qui se passe derrière. Comme l’idée d’une intégration avec Drake, flic plus que compétent qui est pris entre le besoin de protéger sa famille et celui de faire ce qui est moralement juste. Les apparences sont à maintenir, au risque d’être envoyé au bûcher – métaphoriquement parlant ou non, dans le cas d’Emily.

Reste que derrière son investigation, ses plans ensoleillés, mais remplis d’une certaine noirceur, ses vieilles voitures et ses nombreux chapeaux, Perry Mason séduit avant tout grâce à la belle construction de son personnage principal, homme convaincu, trop borné pour son propre bien, pas toujours capable de s’excuser, mais qui trouve sous nos yeux, petit à petit, une raison de se battre et son chemin vers la salle du tribunal.

Bien entendu, Perry Mason est un nom qui est associé à la profession d’avocat et, par conséquent, cette première saison — avec son approche d’histoire d’origines — ressemble quelque peu à un chapitre d’introduction. Un qui est classique, mais certainement soigné et maitrisé pour nous relater comment Perry Mason a trouvé sa voie. Un qui pose avec professionnalisme les éléments et les personnages qui vont, au final, former l’univers de Perry Mason, un homme qui a besoin d’argent, mais qui est fait pour se battre pour ceux que le système a abandonnés. On peut toujours faire avec quelqu’un comme Perry Mason, imparfait, mais déterminé.

Cette saison 1 de Perry Mason est diffusée en France sur OCS tous les lundis soir, depuis le 22 juin 2020.

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