Crazyhead Saison 1

Depuis la fin de Misfits, E4 cherche une remplaçante digne de ce nom et peina à la trouver. Avec le retour de son créateur, Howard Overman, la relève se fait donc finalement naturellement.

Nous avons ainsi avec Crazyhead, l’histoire de jeunes adultes avec des pouvoirs qui tentent d’installer un semblant de normalité dans une vie qui ne l’est plus. Plus précisément, nous suivons Amy (Cara Theobold) qui est persuadée d’avoir des problèmes psychologiques graves hérités de sa mère. Après avoir réduit sa dose de médicaments, elle recommence d’ailleurs à voir des monstres. Sa rencontre avec Raquel (Susan Wokoma) lui apprendra qu’elle n’est non seulement pas la seule à percevoir ce qui s’avère être des démons, mais qu’en plus son don fait d’elle une cible.

Composée de 6 épisodes, la première saison de Crazyhead nous propose donc de suivre Amy et Raquel alors qu’elles tentent de survivre afin de pouvoir reconnecter à un semblant de normalité qui ne cesse de leur échapper.

Chaque épisode les pousse alors vers toujours plus de danger, ce qui culminera par une invasion démoniaque de notre réalité à éviter. Avant d’en arriver là, Howard Overman aura pris le temps de développer un univers étonnement riche au vu de sa taille, car Crazyhead a beau avoir des ambitions, cela reste une série à dimension humaine – et légèrement démoniaque par prolongement.

L’intérêt du show se révèle donc être avant toute chose l’amitié naissante entre Amy et Raquel, et celle-ci ne va pas grandir sans heurter quelques obstacles. Les deux jeunes femmes ne viennent pas du même endroit, mais au-delà de leurs différences apparentes, elles ont été marginalisées par la même société qui préfère les ignorer.

Dans ce sens, Crazyhead se propose de commenter la manière avec laquelle sont traités ceux qui ont des problèmes à se conformer à la norme. Les différences se doivent d’être étouffées, le plus souvent avec des médicaments. Ceux-là mêmes qui empêchaient Amy d’être elle-même. Finalement libérée de ce masque chimique qui ne lui permettait pas de voir la réalité telle qu’elle était réellement, elle était perdue et avait besoin d’un guide. C’est ainsi le rôle que joue Raquel au point de départ, les deux amies se mettant progressivement à se protéger mutuellement.

Cela dit, Crazyhead n’aborde cela qu’en filigrane, préférant garder au premier plan de divertissement le plus simple et le plus délirant. Aidée par un Tony Curran qui livre une performance totalement décomplexée dans son rôle de démon en chef et par un scénario qui mélange avec aisance humour, action, horreur et une pointe de romance, cette saison développe son intrigue sans s’égarer et sans ennuyer.

Le style d’Hoverman est toujours aussi fluide et dynamique, en particulier au niveau des dialogues qui sont clairement le point fort de la série. Le rythme est en tout cas soutenu avec quelques moments dramatiques et autres révélations pour maintenir les enjeux bien vivants.

Concrètement, cette première saison de Crazyhead est bien ficelée et elle délivre le genre de divertissement survolté, mais pas stupide, que l’on est en droit d’attendre de son auteur – et celui-ci n’a pas déçu.