Doctor Who Saison 12 Episode 10 : Les Enfants Intemporels (fin de saison)

Doctor Who Saison 12 Episode 10 - Doctor Who Saison 12 Episode 10 : Les Enfants Intemporels (fin de saison)

Voilà, la douzième saison de Doctor Who s’achève et, si l’on regarde en arrière, on se rend compte que peu de choses ont été faites ou dites pour qu’elle puisse marquer les annales. Pire ! D’un point de vue personnel, elle est celle qui me détache complètement de la série et qui va me la faire arrêter. En manque criant d’idées et d’incarnation, de chair, cette série anciennement adulée me quitte avec un goût amer. Mais qu’en est-il de ce dernier épisode ? Relève-t-il les piètres défis lancés ? Conclut-il avec décence les arcs proposés ?

Oui et non. Cet épisode 10 est un exemple culotté de ce que Chibnall peut faire avec la mythologie de la série. Il choisit de faire retourner la Doctor et le Master sur Gallifrey et de réécrire quelques-unes des lignes des fondements du récit. C’est typiquement le genre de liberté que l’on attend de lui depuis deux ans, maintenant qu’il a les rênes. Mais trop timide ou trop timoré, le showrunner ne parvient qu’à effleurer les possibilités qui s’offrent à lui ponctuellement. Ce final y va avec plus de courage, ce qui n’est pas une mauvaise chose pour conclure. Mais est-ce suffisant ?

Oui et non. À l’échelle de l’épisode, c’est peut-être le seul de cette saison 12 de Doctor Whoavec le tout premier — qui propose une aventure prenante et relevant un peu les enjeux. Si cette guerre avec les Cybermen a été salement amenée la semaine dernière, elle trouve ici une pertinence plus claire et un but plus précis qui aident grandement. L’unique problème de cette partie est qu’elle sépare une nouvelle fois la Doctor et ses compagnons pendant tout l’épisode, entraînant un déséquilibre entre les différentes parties du récit.

Le problème est que l’on ne connaît pas ces personnages. Outre le Doctor dont la réincarnation aide pour s’attacher assez facilement à chacune de ses incarnations, les compagnons sont le cœur de la série. Mais quand le cœur est aussi faible, l’investissement est amoindri. Il m’a fallu attendre cette saison pour comprendre que je ne connais pas ces trois personnes et que je n’en ai rien à faire. Les scénaristes leur donnent des scènes éparses pour tenter d’émouvoir en se faisant des déclarations, mais quand on ne voit pas qui ils sont réellement, l’émotion ne passe pas. Ils sont de simples vaisseaux pour le récit et des faire-valoir pour la Doctor.

Et ce qui se passe de son côté éclipse rapidement tout le reste. Quitte à proposer de telles révélations, autant se focaliser entièrement sur un face-à-face entre les deux Time Lords. Cependant, si on laisse un montage erratique de côté, la réécriture de la mythologie de Doctor Who fonctionne étrangement bien. Il est difficile pour moi de prendre au sérieux ce que fait Chibnall désormais, mais à l’échelle de l’épisode et de la saison, ce manuel d’histoire de Gallifrey est plutôt plaisant et on en aurait même demandé un peu plus. Une fois que l’on accepte que le final ne va pas nous donner un récit en bonne et due forme, mais un palimpseste de la série, on se laisse prendre au jeu.

Si je ne suis personnellement pas convaincu par l’interprétation de Sacha Dhawan, il sauve l’énergie de cet épisode où Jodie Whittaker est très en retrait. Cependant, il propose une version du Maître plutôt intelligente par rapport aux révélations qu’il fait, montrant que sa quasi-immortalité et l’origine de celle-ci changent drastiquement sa manière d’envisager sa vie, son peuple et son ennemi intemporel. En soi, c’est une piste peut-être plus excitante à suivre que la révélation de la regénération en elle-même ou que les cyber-seigneurs du temps.

Au terme de cette douzième saison, on se rend compte que le final tente de raccrocher les wagons en proposant un toutéliage qui n’est pas indécent. Comprendre l’origine de la regénération et se voir révéler que la Doctor n’est pas nécessairement la treizième sont des éléments qui aident à passer le fait que cette saison n’a clairement pas été à la hauteur. On va passer la scène avec Bo Sharmus qui résout la guerre avec les Cybermen, mais qui va clairement contre le code du Doctor. Le voir se sacrifier à sa place, faire le sale travail à sa place n’est pas vraiment dans le personnage, mais bref, c’est un détail dont Chibnall ne semble plus faire cas.

Cet épisode de conclusion vaut alors plus pour ce qu’il impose en relecture de Doctor Who et de sa mythologie que pour son récit à proprement parler. Il a la décence d’emballer cela dans une histoire moins désagréable que l’ensemble de la saison, renverse la fameuse phrase « I’m the last of my species » et entretient alors plus que jamais la question : « Doctor Who? »

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