The Beast Must Die Saison 1 : Une vengeance classique, mais efficace (Canal+)

The Beast Must Die Saison 1 Canal Plus - The Beast Must Die Saison 1 : Une vengeance classique, mais efficace (Canal+)

Première série dramatique originale produite pour le service de streaming Britbox UK et diffusée chez nous sur Canal+, The Beast Must Die est une histoire de vengeance. Présentée comme une adaptation moderne du classique policier Que la Bête meure ! écrit par Nicholas Blake (et porté à l’écran par Claude Chabrol en 1969), l’histoire se propose de suivre Frances (Cush Jumbo), une mère en deuil déterminée à tuer le responsable de la mort de son fils.

Sur l’île de Wight, son petit garçon de 6 ans a été renversé par une voiture et le coupable n’a jamais été arrêté. L’officier en charge de l’affaire avait classé le dossier, et est récemment décédé. Le détective Strangeways (Billy Howle), muté de Londres, prend la suite et va se pencher sur ce crime dans le but de donner du sens à cette tragédie.

Se composant de 5 épisodes (avec un découpage en 6 en France), cette première saison de The Beast Must Die scénarisée par Gaby Chiappe n’est pas le genre de thriller psychologique misant sur les retournements de situation ou rebondissements pour pousser à remettre en cause de ce que l’on saurait, et modifier notre perception des évènements. Au contraire, The Beast Must Die nous déroule une histoire linéaire où chaque personnage est exactement ce qu’on nous dit qu’il est. Le but est dès lors avant tout d’interroger en partie sur la notion de vengeance, et beaucoup plus sur le concept du deuil qui peut ronger de l’intérieur quelqu’un jusqu’à le détruire.

Cette saison 1 s’articule alors autour de deux axes narratifs. Le premier est donc celui de Frances, mère en deuil qui mène sa propre investigation pour découvrir qui a renversé son fils. Cela la conduit à la famille Rattery, et plus spécifiquement à George Rattery (Jared Harris), le détestable patriarche de cette famille privilégiée qui vit plus ou moins de luxure et de misère. Le rapprochement entre Frances et sa proie donne ainsi le jour à plus d’une scène à la tension maitrisée, la série cultivant au fil des épisodes une légère ambiance oppressante avec les membres de la famille Rattery, quasiment tous étouffée par cette figure masculine dominatrice et arrogante. Il n’est d’ailleurs à aucun moment question de nous montrer que, peut-être, George serait plus que ce mini tyran qui prend du plaisir à manipuler son entourage. Et pour ne rien arranger, la série insiste lourdement sur la conduite excessive de nombreux personnages.

Il n’y a pas vraiment de multi-facettes pour George, il est exactement ce que l’on voit, et ce choix simple a le mérite de complexifier les actions de Frances, qui est à son opposée, une femme avec de nombreux visages. Frances est présentement rongée par la douleur et sa soif de vengeance, mais elle était aussi une mère aimante, une enseignante compétente, une personne aimée qui se laisse consumer par la peine et la noirceur.

La question du deuil, de l’impact de la mort sur un individu prend une autre dimension avec les interrogations soulevées par le détective Strangeways. Ce dernier a perdu sa coéquipière et il n’en est pas ressorti indemne. Il a donc pris un poste sur l’île de Wight où il doit se confronter au système d’un tel environnement et tenté de gérer ses propres démons. Si Strangeways nous est introduit presque comme un simple accessoire au récit de Frances, le flic s’impose subtilement au fil des épisodes, poussant à mettre, avec son histoire personnelle, en perspective, ce besoin de nommer un coupable pour n’importe quel genre de crime dans l’espoir que cela aidera à panser les plaies. Tout en sachant que cela n’est pas la solution.

Au final, cette première saison de The Beast Must Die est un thriller psychologique classique, mais compétent, portée par les prestations inspirées de son trio de tête. Il n’y a pas de surprise au tournant, ni de mise en abime psychologique surprenante, mais une gestion de la tension assez habile, avec un accent sur la vitesse, le danger environnement et les angoisses existentielles qui peuvent prendre le dessus jusqu’à faire perdre le contrôle.


La première saison de The Beast Must Die est diffusée sur Canal+ depuis le 21 juin et se termine ce lundi 5 juillet. La série a été renouvelée pour une saison 2, sous-titrée A Sword in my Bones, et sera donc une histoire originale où l’on retrouvera le détective Nigel Strangeways.

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