Dexter

Il y a des séries que je visionne par habitude. À tel point que je ne sais même pas pourquoi. Elles ne sont pas forcément mauvaises, ce qui n’empêche pas de m’ennuyer devant. Ou non, ça dépend. Dexter fait partie de celles-là.

Voilà alors plusieurs semaines que Dexter est revenu sur Showtime. Visionnage de Lost oblige, j’ai mis pas mal de séries en parenthèses pour lui consacrer du temps, optant pour la politique « une série à la fois ». Mis sur le bas-côté, en compagnie de Dexter, on trouve CSI, Flashpoint, Rush, White Collar, Sanctuary et quelques séries anglaises. Et, du lot, il se trouve que Dexter est celle que j’ai le moins envie de visionner. En fait, c’est celle à laquelle je ne pense quasiment jamais.

J’aimais bien Dexter. Au début. À sa saison 1. Seulement, le temps a passé, je n’ai jamais revu cettedite saison, et par moment, je tends à oublier qu’elle existe, car je ne me rappelle plus ce qui me plaisait dans cette série. Il n’y a pas eu mieux que la confrontation entre Dex‘ et The Ice Truck Killer. La découverte des personnages, le développement relationnel entre Rita et le serial killer. En fait, le seul défaut de cette saison se trouve être Deb. Ce qui est finalement assez drôle quand je songe au fait qu’aujourd’hui, elle est la seule que j’aime encore, aidé par la performance de Jennifer Carpenter, qui a réussi à la rendre attachante, même quand ces défauts pourraient pousser à un sentiment inverse.

La saison 2 ne fut pas aussi bonne que la première, mais a eu ses bons moments. Je fais partie de ceux qui n’avaient rien contre Jaime Murray, bien que scénaristiquement parlant, cela a plus que trainé en longueur pour une fin assez médiocre. L’agent Frank Lundy était excellent et a donc participé à l’envolée de Deb. Et Doakes. L’inoubliable Doakes. L’intrigue autour du Bay Harbor Butcher a pas mal piétiné, et fut empreinte d’une certaine prévisibilité, qui n’a pas empêché la fin de la saison 2 de fournir ce que j’attendais de la série. Je n’en garde pas un souvenir impérissable, mais le mécanisme naturel d’enchainement s’est mis en route l’année suivante, sans trop d’arrière-pensées. Question d’habitude, appuyée par le fait qu’une série peut avoir des saisons plus faibles.

Apparemment, ce que je n’aime pas dans Dexter se trouve être ce qu’aiment les scénaristes. Me voilà alors devant une saison 3 où il ne reste plus grand-chose à sauver, où il se trouve qu’il n’y a plus que Deb que j’aime vraiment (ça veut tout dire au vu de ce qui l’a occupé durant les épisodes), avec un Miguel Prado insupportable (me faisant presque oublier à quel point Jimmy Smits peut être bon, tellement je l’ai trouvé par moment mauvais). Pour en rajouter une couche, The Skinner est nul. Les personnages du show sont eux aussi devenus un peu fatigants (Angel Batista et LaGuerta) et le seul qui fut quasiment cool du début à la fin, Masuka, est sûrement le plus maltraité de toute l’histoire de la série.

La saison 4 arrive. Je regarde le season premiere, puis je m’arrête. Qui voudrait décemment aller s’installer à Miami quand il y a un serial killer tous les ans qui pose ses valises dans la ville ? Au-delà de ce manque d’imagination, j’ai pris conscience que ce qui me poussait à suivre cette série était la simple habitude. Ce n’est pas l’envie, ni la curiosité. Cette dernière semble s’être envolée au cours de la saison 3. Alors, pourquoi regarder la saison 4 ? C’est la question que je me pose actuellement.

Comme pour toute série, Dexter a ses défenseurs, ses détracteurs, et sûrement, d’autres qui comme moi, s’en foutent un peu, j’imagine. Elle fait partie du décor télévisuel, au milieu d’autres dont on a parfois tendance à oublier l’existence. Ma curiosité maladive, mon besoin de voir me pousse sûrement à mettre les pieds là où certains viendront me dire que si je n’aime pas et je ne suis pas contente, je n’ai qu’a me la fermer et passer mon chemin. D’abord, je ne sais pas la fermer et ensuite, j’ai consacré suffisamment de temps à cette série pour lui offrir le bénéfice du doute. Ou, au moins pour me demander si je dois tourner la page, et lui dire adieu maintenant ou lui laisser une dernière chance. Parce que parfois, avec les séries télévisées, le plus difficile n’est pas de commencer, mais de savoir quand s’arrêter.